c'est un article qui m'a interpellé en surffant aujourd'hui sur la toile-Merveille qui m'a bcp plu...
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A propos de ma ville, une vieille femme a dit : «Meknès est une belle ville, mais endormie». Ce constat d'une aïeule est le même qui perdure aux yeux de nos jeunes aujourd'hui, une sorte de dilemme incarnant une impérieuse alternative tel que le rappelle le jugement de nos grands-mères : «Ville belle, mais endormie». Alors, quand va-t-elle se réveiller et vivre de sa beauté pour éviter de mourir en dormant ? - La situation géographique et historique de Meknès est d'une grande importance. D'une part, la ville est située en plein coeur du plateau du Saïss convoité jadis par les colons du temps du protectorat français. Après l'indépendance, l'Etat a opté pour la création des sociétés SODEA et SOGETA devant gérer dans le territorial de Meknès (à l'époque une province), de vastes domaines reconnus pour leur haute fertilité puisque leur terre est classée n° 1 en rentabilité. Hormis ces deux sociétés étatiques, des coopératives ont été créées dans le cadre de la réforme agraire. D'autre part, la ville fut la capitale du Sultan Moulay Ismaïl qui en fit une cité historique. Le choix de cette ville comme capitale à une époque n'est pas fortuit. Elle représentait le symbole de la nation marocaine vu sa nature et sa capacité stratégique qui lui permettaient de maintenir la cohésion entre tribus et les différentes stratifications sociales.
- La situation de somnolence s'explique par l'accumulation des années de désintérêt à l'égard de la ville et les spéculations léthargiques qu'elle ne cesse de vivre. Malgré des efforts accomplis ces dernières années, le retard accumulé fait que le développement n'est pas perceptible. Cet état de fait laisse à désirer car, pour ne citer qu'un indice, la majorité des personnes appartenant à la couche moyenne préfère fuir la ville pour se reposer et faire leurs achats ailleurs. Conséquence : une grande perte pour l'économie de Meknès. La raison évoquée à ce titre est que la ville manque d'animation et d'infrastructure d'accueil et de divertissement pour les familles.
Le diagnostic des problèmes de la ville indique l'existence de somnolence comme l'a soulevé la vieille femme. À vrai dire, il y a un manque d'animation culturelle et sportive. A côté de cela, des jardins aménagés avec des canaux d'eau existent rarement devant les édifices publics, les pharmacies, etc. L'infrastructure de base comme les zones industrielles, les hôpitaux, les hôtels pour familles ne sont pas adaptés à cette ville. Il y a lieu aussi de signaler l'absence d'un quartier administratif au sens vrai du terme. Le siège de la préfecture et de la Wilaya est désuet, ce qui impose la réflexion urgente pour construire un bâtiment nouveau offrant un pôle de rayonnement pour toute la région. Devant cette impasse, il faut être visionnaire et prendre des décisions courageuses à même de changer l'aspect physionomique de la ville et d'une manière urgente :
- Créer un climat d'animation permanent pour encourager une partie de la couche moyenne à connaître les sites historiques de sa ville comme le prestigieux Bab Mansour connu à l'échelle mondiale, découvrir les labyrinthes de Habs Qara, visiter les mythiques Hri, Sahrig Souani et contempler le jardin de Lahboul ;
- Promouvoir le tourisme rural par l'organisation de visites en campagne et en montagne en collaboration avec le C.R.T ;
- Réfléchir au changement des itinéraires des autobus et taxis pour sauvegarder l'environnement et anticiper les mesures contre les dégâts produits générés par les montées de Kabobla et de Bab Gnaoua ;
- Aérer le jardin de Lahboul qui reste à présent comprimé dans une étroite clôture ;
- Construire l'aéroport civil sur la route de Boufakrane ;
- Prévoir l'agrandissement de la place Bab Mansour en réfléchissant à l'emplacement du marché car c'est l'endroit où doit converger les habitants et les touristes à l'image de la place Jamaâ Lafna à Marrakech ;
- Réserver le Boulevard Allal Ben Abdellah à la circulation des piétons et prévoir un aménagement équivalent pour rendre à la ville nouvelle de Meknès son charme et son dynamisme d'antan;
- Réfléchir à la délocalisation du collège Allal Ben Abdellah vers un autre endroit et prévoir l'exploitation de la superficie de l'établissement à des fins plus adaptées.
Lla ville de Meknès mérite en effet d'être hissée au niveau des villes impériales comme Marrakech. Ce qui ne peut être atteint que si l'autorité locale redouble d'efforts dans tous les domaines ainsi que la prise de conscience par la population, qui doit élire des représentants capables d'insuffler une dynamique de changement à leur ville.